Analyse de la conférence PlayStation 5


Chroniques / vendredi, juin 12th, 2020

Enfin. Après des mois de silence, ponctués tout de même de détails comme le logo ou la manette, Sony a dégainé ses premières véritables informations sur la PlayStation 5. Cette « conférence » était forcément attendue par les joueurs, pour régler beaucoup de questions face à cette 5e console de salon de Sony. On vous laissera seul juge de cette présentation, mais attardons-nous plutôt sur ce que cette dernière nous propose.

La forme

Non, nous ne parlons pas de l’esthétique de la console, mais de la conférence en elle-même, ou plutôt du live. En effet, suite aux annulations successives des différents salons et événements jeu vidéo, les éditeurs ont du s’adapter. Sony a donc proposé un long tube d’une heure de trailers. C’est précisément 25 jeux qui se sont enchainés rapidement, avec pour seuls interstices les symboles PlayStation animés. Même les rares intervenants étaient peu bavards, sans doute juste présents pour casser le rythme.

Une forme de présentation parfaitement en phase avec les joueurs qui réclament souvent « pas de blabla, plus de jeux ». Notons également que la PlayStation 5 s’est enfin dévoilée en guise de conclusion du live. Soit le décidément classique « one more thing ».

Des jeux, oui mais du Sony ?

La longue vidéo débuta d’une manière bien étrange. Un trailer remanié du tout premier teaser de GTA V, montré en 2013. Il était implicite que ce jeu allait ressortir sur la nouvelle génération, alors pourquoi le mettre en tête de gondole ? Pour commencer tranquillement ? Pourtant, on trouve Marvel’s Spider-Man Miles Morales (jeu attendu par la communauté de l’araignée), et Ratchet & Clank : Rift Apart (grosse cartouche de Sony) presque tout juste après. Passé cette décision hasardeuse et presque anachronique (purement business ?), il faut noter que Sony a fait le choix de l’éclectique. Gros jeux AAA (Horizon), noms bien connus (Gran Turismo), jeu AA (Sackboy), voir semi-indé (Little Devil Inside) et même sport (NBA 2K21) : le constructeur se veut sur tous les terrains pour toucher le maximum de joueurs.

Sony n’a donc pas placé tous ses œufs dans le même panier, si bien que l’on trouve finalement peu de jeux véritablement exclusifs à la PlayStation 5. Hormis les licences classiques, seuls Returnal, Destruction All Stars, Astro’s Playroom se retrouvent dans cette catégorie.

On VRa ?

Malgré ce long tunnel de trailers pour dresser le joueur dans le sens du poil, il subsiste tout de même un doute. Quand même bien les propositions de jeu sont variées et souvent intéressantes, il n’y a pas eu de system-seller immédiatement reconnaissable. La faute peut-être a des trailers finalement chiches. Ces derniers n’affichaient aucun gameplay, ou celui-ci était succin et hautement modifié (aucun HUD notamment). Seul Ratchet & Clank : Rift Apart tire son épingle du jeu avec quelques minutes de partie, permettant de voir un peu de ce que la PlayStation 5 a sous le capot.

Autre point à relever de ce live : l’absence de réalité virtuelle. Alors que l’on sait que le casque PlayStation VR sera compatible PS5, aucun mot n’a été pipé sur ce sujet. Y compris lorsque la console fût présentée avec ses accessoires (notons d’ailleurs le retour de la télécommande multimédia, relique du passé).

La console qui divise

À l’instar de la révélation de la Xbox One Series, le moment qui a fait le plus jaser dans cette présentation, c’est lorsque la PlayStation 5 fut dévoilée. Les réseaux sociaux ne s’en sont pas remis, et ce fut le principal sujet de conversation. On vous laisse seul juge, mais notons que Sony a osé trancher avec le noir, couleur officielle depuis la PlayStation 2. On se doute qu’il y aura de toute façon d’autres coloris à venir, de la même manière que les deux éditions de console présentée. Ainsi, Sony a dévoilé une Digital Edition de sa console, sans lecteur Blu-Ray. On sait que le marché numérique est de plus en plus fort et il s’agit peut-être du bon moment pour lancer ce genre d’appareil. Microsoft avait lancé sa Xbox One S Digital, mais il sera hélas impossible de comparer les ventes de ces consoles entièrement dédiées au numérique. Le contexte étant différent, et de toute façon, Microsoft ne communique plus sur ses chiffres de vente hardware.

En revanche, il est possible de spéculer sur la différence de prix entre PlayStation 5 et PlayStation Digital Edition. En plein milieu de génération, la Xbox One S Digital se vendait entre 50 € et 70 € moins cher que sa grande sœur. Soit l’on table sur ces chiffres, soit la différence sera supérieure afin de favoriser la Digital Edition à la classique. Chaque jeu acheté en numérique permettant de gagner une plus grande part d’argent que sur une édition boîte.

PlayStation 5, on se reverra

Peu de gameplay, peu de véritables exclusivités, pas de réalité virtuelle, peu d’informations sur la/les console(s) et pas de prix ? Ce serait vite partir en besogne. N’oublions pas qu’il s’agissait d’un premier aperçu de la console, que l’on aurait dû voir à l’E3. Soit un lieu plutôt dédié aux annonces qu’au concret. Clairement, Sony ne manquera pas d’envoyer l’artillerie lourde dans les trois à mois à venir, ou du moins on l’espère.

Il nous tarde de voir la conférence Microsoft en juillet prochain afin de comparer les deux présentations. Le constructeur américain avait pris le risque d’annoncer sa console il y a quelque mois dans un Inside Xbox, soit un format peu compatible avec cet exercice. Il va donc falloir faire feu de bois, sans trop s’exposer, au risque de réitérer l’erreur fatale de l’E3 2013.

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