No Straight Roads – Mollesse, quand tu nous tiens


Critiques / dimanche, août 30th, 2020

On connait très bien les jeux japonais, ceux coréens, mais beaucoup moins ceux malaisiens. Pourtant, c’est dans ce pays qu’a été fondé Metronomik en 2017. Avec à son bord un concept artist de Street Fighter 5 (Daim Dziauddin) et le lead game designer de FF XV (Wan Hazmer), ce studio au nom musical, se devait de créer son premier jeu grâce à la musique. Dans No Straight Roads, il y en a bien de la musique, mais pas de rythme.

En avant la musique

Dans Vinyl City, on n’a pas trouvé meilleure source d’énergie que la musique. En créant du (bon) son, les artistes permettent d’alimenter la ville. Mais seuls certains styles sont permis par le groupe qui contrôle la métropole : NSR. Un système musical autoritaire que Mayday et Zuke vont vouloir détruire, après avoir été rejetés par une sorte de The Voices.

Pour cela, rien de plus simple, il faut trouver les 5 personnes ayant appuyés sur le buzzer éliminatoire. Hélas, No Straight Roads n’est pas un boss rush, et il aurait pourtant gagné à l’être. Chacun de ses grands méchants caricature un style musical (Hastune Miku, la K-pop, les DJ…) et cela se voit autant à leur tête que dans le gameplay. On pense d’ailleurs aux combats musicaux de Scott Pilgrim, qui utilisait aussi cette idée de personnification musicale. Dans l’idée donc, chaque affrontement est différent et original. Dans l’un on parcourt une platine, dans un autre il faut éviter les notes de musiques… Dans les faits, c’est surtout incompréhensible.

Le rythme mou

Si l’entrainement insiste sur le fait que les attaques des ennemis se font en rythme, on se rend vite compte qu’il n’en est rien. Celui-ci est tellement imperceptible (même avec l’aide visuelle) que l’on finit bassement par esquiver et attaquer. Certains projectiles peuvent d’ailleurs être renvoyées avec véritablement le bon rythme cette fois-ci, mais elles sont en réalité trop rares. En somme, on nous propose un jeu musical où le rythme est absent.

Cette fameuse mollesse se sent également dans la mise en scène. Les dialogues tombent souvent à plat, que ce soit à cause de la synchro labiale, des problèmes de sous-titres, des voix qui s’entrecoupent, voire même sont totalement absentes ! Inconcevable, alors que le studio a basé toute sa communication (en France du moins) sur le doublage. C’est d’autant plus dommage que celui-ci est excellent (Donald Reignoux et Julien Chièze sont méconnaissables). En résulte que toutes les scènes de narration tombent finalement à l’eau.

Remplissage

No Straight Roads donne l’impression d’avoir les bons numéros, mais dans le mauvais ordre. Enchainer des combats de boss plus longs, plus nombreux et mieux peaufinés auraient pu s’avérer payants. Au final, il faut explorer de courts niveaux de transitions pour ramasser des capsules d’énergie en guise d’expérience. Car beaucoup de compétences, boosts et compétences sont présentes, mais, finalement plutôt inutiles. La faute également à un système de continue infinie. Le joueur ne peut pas perdre, car il peut regagner instantanément sa vie, infiniment, avec le  seul contrecoup de finir le jeu au rang C. C’est à vrai dire toujours bon à prendre quand un boss vous harcèle toutes les deux secondes de salve d’attaques. Notons aussi que pour arriver aux boss, il faudra faire quelques séquences de plate-forme avec une caméra bloquée et 4 types d’ennemis.

No Straight Roads n’a finalement que son contexte un peu fou, et sa direction artistique. Les personnages et la ville ont vraiment quelque chose d’assez unique. Il n’y a qu’à voir Mayday avec ses gros yeux  roses placés sur un corps orangé longiligne. Le jeu dégorge d’ailleurs de couleurs, à tel point qu’on le croirait tout droit sorti de la Dreamcast. On pense à Jet Set Radio pour sa ville et évidemment à Space Channel pour son côté musical. Hélas, il n’en a pas la maitrise du gameplay.

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