Bad Boys For Life – Passation réussie


Cinéma, Critiques / mardi, janvier 28th, 2020

Après avoir rebooté avec succès Ghostbusters et Jumanji, Sony relance au même moment trois licences : Charlie’s Angels, The Grudge et Bad Boys. Cela faisait donc 17 ans que l’on n’avait pas vu les partenaires Marcus et Mike (Martin Lawrence et Will Smith) mettrent Los Angeles à feu et à sang pour le besoin d’une enquête.

Générationnel

En 17 ans, beaucoup de choses ont changé, ne serait-ce qu’au cinéma. Michael Bay, réalisateur des premiers opus, était alors à son apogée de sa carrière, signant ses films les plus personnels, par son style ultra-héroïque. Adil El Arbi et Bilall Fallah, à la tête de ce troisième épisode, ont eu la lourde tâche de garder l’énergie de Bad Boys, sans tomber dans les travers de son prédécesseur, et de la caricature. Un obstacle évacué en dix minutes puisque le duo singe à la perfection Bay dès le début du film (la course poursuite en voiture de sport, le ralenti lorsque les héros sortent du véhicule) pour mieux le ridiculiser et passer à leur propre style.

Non, Bad Boys for Life n’est donc pas l’épisode de trop. Les deux réalisateurs belges ont réussi à reprendre la licence et à lui injecter un vent de fraicheur. Si The Raid, John Wick ou Mission Impossible sont passés depuis ces 17 ans, c’est surtout du côté de Fast & Furious que lorgne l’inspiration, notamment à travers les plans de James Wan (que l’on retrouve dans le final de ce Bad Boys). L’autre référence d’El Arbi et Fallah, c’est le clip. For Life se démarque de ces prédécesseurs par une musique R’n’B/Latina omniprésente venant se coller sur les décors lumineux de Los Angeles.

Good men, good men

Là où cette nouvelle itération de Marcus et Mike pourrait pêcher, c’est par son scénario, se voulant simple et classique jusqu’à un retournement clairement tordu. Dommage, car cette histoire de vengeance permet quelques moments mémorables, notamment l’une des morts les plus percutantes de cette année.

Bad Boys for Life n’est pas pour autant le fameux « opus de la maturité », bien au contraire, les gags sont légions, et peut-être même plus efficaces, car moins lourds que le deuxième épisode. À l’inverse, For Life est moins spectaculaire que celui-ci, et tient plus du premier Bad Boys.

Will Smith, Will Smith, Will Smith

Il est clair que le public a toujours plus retenu Will Smith que Martin Lawrence, et même à travers cette licence. Cependant, Bad Boys for Life enfonce le clou encore plus loin. L’acteur est premièrement plus présent à l’écran que son ami, mais certaines scènes sont surtout presque métaphysiques.

Ainsi, le thème principal du film est la retraite, puisque Marcus veut stopper sa carrière depuis qu’il est grand-père, là où Mike a toujours l’envie de se battre. Cependant, face à un jeune « qui est pareil que lui en plus fort et plus rapide », il se sent largué. Un thème qui revient souvent chez Will Smith depuis quelques années. On pense forcément à Gemini Man, dont c’est le sujet, mais également à After Earth, où il lègue l’action à son propre fils. Confession scénaristique ? Toujours est-il que revoir l’acteur dans le genre action/comédie est un régal.

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