Titans – Course contre le vide


Cinéma, Critiques / mardi, janvier 8th, 2019

Il n’y a pas qu’au grand écran que Marvel et DC s’affrontent. Les deux maisons d’édition ont bien compris le récent renouveau des séries télévisées, et ont saisi la balle au bond. C’est DC qui a tiré le premier, en 2012, avec Arrow, suivi de Gotham, Constantine ou encore Supergirl. Là où Marvel développe des personnages inédits de ses derniers films, DC s’égare parfois, comme en témoigne le cas de Flash ou de Titans justement.

Teen Titans GO !

Dégageons rapidement le concept de la Teen Titans pour les néophytes. À force de restructurer les effectifs de la Ligue des Justiciers, les scénaristes ont commencé à en lancer de nouvelles. Ainsi, la Teen Titans est l’équivalent juvénile de la Ligue. On y retrouve des héros similaires à leurs mentors, que ce soit Robin, Kid Flash, ou Aqualad. Cependant, Titans s’intéresse à l’équipe mythique fondée en 80 et déjà adaptée deux fois en série d’animation. Exit les protagonistes analogues : Titans s’articule autour de Raven, Changelin, Starfire et Robin, toujours fidèle au poste.

Évidemment, ce sont les origines des héros qui sont explorées. Leurs différentes pérégrinations vont les amener à se croiser puis à s’assembler pour de bon afin de sauver une Raven en proie à une organisation forcément maléfique.

Teen Titans, mais pas trop

Si le postulat de départ est plutôt logique pour construire les personnages, il est intéressant de voir que les scénaristes ont fait de véritables choix. Ainsi, ces héros ne sont pas forcément comme on les imagine. À titre d’exemple, Robin, malgré sa formation à la dure par Batman, dévoile aisément son identité ou est toujours très surpris par les événements. Même un tigre semble lui faire peur. À l’instar de la volonté des premiers comics, on sent que cette équipe vise un public jeune. Raven, Changelin et leurs problèmes toucheront facilement les adolescents, et laisseront les plus vieux de marbre. Raven, qui paraissait au demeurant sympathique, finit par n’être qu’un océan de détresse ambulante.

Ce côté teen tv finit même par prendre le pas sur la noirceur que semblaient dégager les premiers épisodes. La brutalité de Robin ou l’amnésie de Starfire s’adoucissent pour créer une romance aussi attendue qu’expédiée. Contre toute attente, c’est l’enthousiaste Changelin qui est le plus torturé par ses démons, et qui relève le niveau de profondeur des personnages.

Road série

D’un point de vue stylistique, Titans se défend avec ses moyens. Loin d’atteindre les plans de la première saison de Daredevil, la série possède tout de même quelques atouts qu’elle dispose ici et là. Mais c’est sans doute le 7e épisode (bourré de symboles) et le dernier qui sortent du lot. Ce final est d’ailleurs la meilleure chose de cette série. Que Titans vous intéresse ou non, on vous recommande cet épisode particulièrement profond sur la psychologie de Batman. Encore une fois, la série a le bon goût de ne jamais montrer l’homme chauve-souris. Sa présence reste une silhouette à l’écran, et une ombre dans l’esprit de Robin. Cette omniprésence de Bruce Wayne sans qu’il apparaisse réellement aurait pu créer un manque, une frustration, mais l’on comprend finalement que cette privation est voulue. Évidemment pour éviter d’avoir un substitut de Ben Affleck, mais surtout pour montrer le traumatisme du vieux Robin. Par ailleurs, les figures iconiques de DC sont très rares, il ne s’agit pas d’une série fan-service et c’est tant mieux. Même l’apparition de Jason Todd s’avère anecdotique.

Si ce show s’appelait Robin, cela serait donc bien parti. Malheureusement, ce n’est pas le cas et les scénaristes tentent désespérément de créer un fil rouge qui se révèle aussi long que mal fichu. Citons par exemple un épisode entier de flashbacks juste avant le final. Cet épisode raconte en plus l’histoire de personnages récurrents de la saison, mais n’a aucun impact sur la suite sur celle-ci. De manière générale, on a l’impression que la série peine à décoller et ne sait pas où elle va. Peut-être à l’image de ces héros qui fuient une menace invisible. Celle-ci s’abat alors brutalement sur les personnages, deux épisodes avant la fin, au prix d’un cliffhanger. Autant dire que Titans se révèle très frustrant. Si une deuxième saison est déjà prévue, on attend des scénaristes qu’ils stimulent la série.

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