Midnight Fight Express – Pas Sifu


Critiques, Jeux Vidéo / samedi, août 27th, 2022

Avec les outils actuels particulièrement poussés, on trouve de plus en plus de jeux réalisés par une seule personne. C’est le cas de Jacob Dzwinel, qui vient de sortir Midnight Fight Express. Un premier titre qui a d’ailleurs l’honneur de faire partie du gamepass.

Kamel Ouali de la bagarre

Il n’y a pas à dire, il y a eu un avant et un après-John Wick. Depuis sa sortie en salles obscures, le film de Chad Stahelski a influencé tout le cinéma d’action de ces dix dernières années… et pas que. Les développeurs ont eux aussi contracté le virus, que ce soit avec l’adaptation John Wick Hex, avec le très orienté art martial Sifu ou encore le jeu de carte Fights in Tight Spaces. Midnight Fight Express fait donc partie de cette longue liste, tout en étant le plus proche de son modèle.

Au final, on se retrouve avec un beat’em all nerveux et autant porté sur les jeux de mains que les armes à feu. L’idée est de finir les combats le plus rapidement, avec le plus de classe possible. Évidemment, un système de scoring se charge de vous attribuer une note à la fin de chaque niveau, ce qui fera plaisir aux perfectionnistes.

Midnight Fight Slow

Atteindre la note S, c’est donc l’objectif secondaire du titre et pourtant, le jeu nous met des bâtons absurdes dans les roues. Par exemple, le multiplicateur de score a tendance à descendre lors des dialogues. À l’inverse, le chrono continue de défiler pendant ce temps, ce qui oblige à choisir entre suivre l’histoire ou viser la performance. Autrement dit, si vous n’aimez pas vous abaisser en dessous de la lettre A, il faudra faire une deuxième fois le jeu ou passer outre le scénario.

Celui-ci est de toute façon un prétexte pour taper du méchant dans tous les coins d’une ville gangrénée par la violence. On note tout de même quelques petites envies de brouiller les pistes et d’étoffer un peu l’intrigue post-it, mais tout ceci ne prend pas. Là où Hotline Miami isolait la narration dans les moments calmes, Midnight Fight Express nous envoie ses dialogues entre deux combats et sur une musique à fort BPM. Difficile donc de se prendre de passion pour l’histoire.

Fight Club de poche

Mais l’essentiel de Midnight Fight Express ne tient-il pas dans ses combats ? Dans son héros muet qui balance des coups, contres, esquives et balles ? Malheureusement, cette partie est également un peu entachée, par une trop longue montée en puissance. Il faudra attendre plus de la moitié du jeu pour avoir enfin un affrontement contre des dizaines d’ennemis d’un coup et avec une palette de mouvements conséquents. Jusque là, les accrochages se font à moins de dix participants, avec des coups qui se répètent. En plus d’être courts, ces moments d’action sont souvent entrecoupés. On perçoit vite que le schéma « combat-dialogue-courir » s’installe.

Dans le tiers du jeu, son potentiel se réalise enfin. Un véritable ballet de violence qui nous rappelle Batman Arkham (on retrouve les esquives d’objets, les ennemis avec bouclier…) et plus particulièrement l’épisode Blackgate. Dommage également que les arènes soient un poil trop étriqué et surtout si générique. En bon beat’em all qu’il est, Midnight Fight Express nous propose encore en 2022 des combats dans des quais de métro, des wagons de métro, des commissariats corrompus, dans des séquences véhiculées en scrolling imbuvables… Bref, du so’ 90.

 

Les tatanes et la tendresse

Et pourtant Midnight Fight Express reste cependant attachant. Bien que le gameplay soit emprisonné entre deux phylactères, les combats sont très dynamiques et très proches d’un John Wick, avec une palette de possibilité tout à fait correcte et bien réalisée. On sent l’amour de la castagne de Dzwinel. De même, on trouve tout de même quelques niveaux originaux. Que ce soit les docks et ses containers mortels ou l’incroyable studio de développement de jeu vidéo qu’on ne gâchera rien.

Notons également pas mal de contenu additionnel, avec un mode permettant de créer son propre combat ultime et de la personnalisation à outrance. De la tête au pied, notre avatar est entièrement modifiable, jusqu’à pouvoir frapper des malotrus avec un costume de Popeye, ce qui n’a pas de prix. D’ailleurs, Dzwinel s’en donne à cœur joie dans les références : le Joker, Fight Club, San Andreas… Les clins d’œil sont légions et souvent subtils. Dommage que ces derniers soient mal répartis et que la traduction soit fréquemment maladroite.

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