CrossfireX – Counter-Strike of Duty


Critiques, Jeux Vidéo / jeudi, février 17th, 2022

Vous n’avez peut-être jamais entendu parler de Crossfire, et pourtant, il fait un carton depuis 2007… en Asie. Il s’agit d’un FPS free-to-play, dans la pure lignée du genre multijoueur. Depuis son ouverture à l’occident, le jeu s’est vu approché par Microsoft pour une sortie sur cette console, puis par Remedy pour développer un mode solo. En résulte CrossfireX.

« Ça va péter ! »

Après un temps d’adaptation face à un menu pensé pour le PC, et fractionné en onglets peu clairs, il est l’heure de prendre part au combat. Au niveau du multijoueur, Smilegate nous propose 2 façons de jouer : le gameplay classique et moderne. Dans l’un le sprint, la visée ironsight et les killstreaks sont désactivés, et dans l’autre, on pourra s’en donner à cœur joie. Le mode classique donc, s’apparente rapidement à un Counter-Strike limité, où le skill est uniquement récompensé.  Cela fait un bien fou de revenir sur un FPS multitjoueur sans mécaniques gadgets venant perturber la partie.

De l’autre, le mode moderne se rapproche justement plus d’un Call of Duty, avec sa possibilité de choisir une compétence spéciale quand le joueur récolte assez d’XP dans la partie. Dans les deux cas, les joutes sont rapides et nerveuses, grâce à un rythme effréné, sans caméra de mort, et un travail sonore qui met dans l’ambiance.

Le revers de la médaille

Si tout ceci part dans le bon sens, hélas, la majorité du multijoueur est, à l’heure où nous écrivons ces lignes, décevant. Le contenu est tout d’abord chétif : une map pour un mode, soit 5 au total. Soit, le multi est f2p, mais le plus gros problème réside dans l’équilibrage. La capture de points ne permet aucun retournement de situation, et si la transformation de la map est intéressante, elle donne lieu à du camping. D’ailleurs, il est tout à fait possible de faire un carnage sur le spawn ennemi. Et les joueurs ne s’en priveront pas.

Les killstreaks, au nombre de trois, sont eux aussi à maj. En l’état, tous les joueurs choisissent, dès qu’ils le peuvent, le croque-mitaine : un personnage tank armé de deux mitraillettes surpuissantes et doté d’une rapidité accrue. Il mérite bien son nom, et peut détruire une partie. Il faut dire que les autres atouts ont une utilité ridicule à côté.

Remedy’s Call of Duty

La grande promesse de ce CrossfireX, c’est avant tout une campagne solo réalisée par Remedy. Déjà habitué aux jeux de tir à la troisième personne, on se demandait ce que donnerait une commande de FPS avec ce studio aux manettes. On retrouve effectivement l’empreinte de celui-ci… dans la première partie. Effets de surimpression, utilisation de télévision avec réels acteurs, voix off du personnage principal commentant l’action, fusillade stylisée. Tout y est. Notons d’ailleurs le retour du bullet-time, s’inspirant de Superhot, pour un résultat visuel impressionnant.

À côté de ça malheureusement, les deux parties sont courtes, trop répétitives (notamment sur les décors, que l’on croirait sortis de Control), le scénario expédié et les personnages complètement lisses, sans charisme. Cela manque de folie, de niveaux qui utilisent réellement le bullet-time, de fusillades plus longues, d’ennemis différents… On sent que l’on pouvait avoir une campagne ultra-nerveuse, façon John Wick, mais on a du Hobbs & Shaw.

Crossfire ? Oui plutôt, oui

Le jeu mérite bien son nom. Le joueur est pris entre deux feux. D’un côté le gameplay (moderne, classique ou campagne) fonctionne très bien, de l’autre, le contenu, pas assez riche, pas assez travaillé, saborde tout. On ne doute pas que le multijoueur sera rapidement mis à jour, en revanche, aura-t-on le droit à une troisième partie qui donne enfin au joueur la possibilité de réellement utiliser ce qui est à sa disposition ? On pense également à cette fin, très Crysis, mais dans un univers linéaire. Quel est l’intérêt ?

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