L’abonnement, l’El Dorado du jeu vidéo ?


Chroniques / samedi, juin 15th, 2019

Geforce Now, Xbox Game Pass, PlayStation Now, EA Access… Depuis 2010, les services de jeux par abonnements se multiplient. Ce modèle n’est pourtant pas récent, puisqu’il s’inspire des chaînes dites à péage, à la manière de Canal+, arrivé sur le marché français en 1984. Alors pourquoi l’abonnement revient-il en force dans l’industrie vidéoludique ?

Evolution

Si beaucoup de choses se sont passées à l’E3 2019, retenons deux communications qui se font échos. Lors de sa conférence, Ubisoft annonce Uplay +, un abonnement permettant de parcourir à une centaine de titres PC pour 15 € par mois. Puis, c’est Yosuke Matsuda, PDG de Square Enix, qui affirme à Game Informer songer à un service de location de jeux par mois.

Cette nouvelle tendance ne touche pas que les éditeurs. Même la plate-forme de streamers Twitch a lancé en 2016 un abonnement Twitch Prime, permettant de débloquer du contenu exclusif. Un système pas si surprenant, quand on sait que c’est Amazon (Prime) qui est derrière cette fonctionnalité. Car si les Xbox Game Pass et consorts fleurissent, c’est grâce à l’avènement de la Svod. Netflix, Prime Video, OCS… eux aussi explosent, de manière plus spectaculaire même (car média plus populaire).

Pô cher

Pour l’éditeur, créer un abonnement de jeux est presque logique. C’est l’assurance d’avoir des revenus ponctuels, qui ne dépendent pas des sorties ou des nouvelles consoles. Une manne attirante, sachant que les gros jeux sont de plus en plus longs à concevoir.

Pour l’utilisateur, les divers pass lui confèrent plusieurs avantages. À commencer par la possibilité d’avoir à sa portée tout un catalogue de titres. Un point intéressant, notamment pour les nouveaux acquéreurs de consoles, ou tout simplement les joueurs occasionnels. D’autant plus que ce sont surtout les AAA qui sont mis en avant dans ces sélections. De même, l’abonnement reste techniquement plus accessible que de s’offrir les jeux un à un. Pour 150 € sur une année, Uplay+ fait parcourir potentiellement une centaine de titres. A raison de 10 €, l’achat à l’unité ne permet d’atteindre que 15 jeux pour le même prix. Par ailleurs, nous sommes déjà habitués à payer divers abonnements (téléphonie, Internet…).

Matrix

C’est sans doute pour ces raisons que les abonnements de jeux fleurissent. D’autant plus que la technologie permet même de s’acquitter du matériel. Une connexion Internet solide et un ordinateur suffisent par exemple pour faire tourner les jeux du PlayStation Now. N’y aurait-il que des avantages à ce système ?

Bien sûr que non. Le pacte est presque faustien. Car comme la Svod, et même la musique à la demande, s’abonner à ces services vidéoludiques, c’est également renoncer à la propriété privée. Une fois l’offre résiliée, vos jeux ou films préférés du catalogue disparaissent. Au final, le joueur ne paie que l’instant, là où l’achat à l’unité garantit une durée indéterminée d’utilisation. De plus, la non-possession des titres n’assure pas pour autant plus d’écologie. Les serveurs pour télécharger, voir streamer demandent énormément d’énergie pour être refroidis. Enfin, on pourrait arguer que le prix cumulé des abonnements peut revenir cher, alors que le temps alloué à jouer n’est, lui, pas aussi extensible que l’addition des différents catalogues.

Le Roi Liche

La demande sera-t-elle toujours au rendez-vous, ou payer ses jeux au mois deviendra-t-il désuet, à l’image des MMORPG par abonnement ? Pour le moment, le système cartonne. D’après Video Games Chronicles, le Xbox Game Pass atteindrait 9, 5 millions d’utilisateurs. Bien moins que le chiffre officiel du EA Access (3, 5 millions en mai dernier) et celui du PlayStation Now (700 000). Il faut dire que le Pass est un atout, si ce n’est la ligne directrice d’Xbox depuis quelque temps. C’est d’ailleurs sur ce point que se creusera l’avenir du jeu par abonnement : par l’intérêt qu’en feront les éditeurs. Simple fonctionnalité supplémentaire, ou véritable argument mis en valeur sur le long terme ? Pour une fois, c’est la taille (du catalogue) qui compte…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *