Les conditions de travail chez Epic seraient désastreuses


Actus / jeudi, avril 25th, 2019

Depuis 2017, le studio Epic Games a clairement le vent en poupe. La sortie de Fortnite a propulsé les créateurs sur un nid d’or. Le désormais gros éditeur lance l’Epic Games Store en 2018. C’est devenu un des plus importants sujets de discorde chez les joueurs. Et ce n’est pas la récente enquête sur les conditions de travail d’Epic qui éteindra l’incendie.

« Trouve-moi plus de corps »

Cette citation elle vient d’un cadre d’Epic Games. Par « corps », il faut comprendre de « nouveaux employés ». Un synonyme pour le moins affreux, qui résume bien la situation du studio. Polygon a en effet posté une longue enquête sur le fonctionnement interne de l’éditeur. Celle-ci révèle d’énormes problèmes moraux et une culture du crunch constant. Rappelons que celui-ci consiste à faire travailler les employés bien plus que d’habitudes, sur plusieurs semaines, voire des mois, afin d’atteindre la date de rendu d’un projet. Si le sujet n’est pas nouveau, il avait été mis en lumière grâce à la fâcheuse communication de Dan Houser (patron de Rockstar). Cependant, aussi mauvais soit-il, le crunch sur Red Dead Redemption 2 visait bien à atteindre une deadline. Dans le cas d’Epic Games, celle-ci n’existe plus depuis longtemps. Seulement, le studio continue à faire travailler ses employés (tous secteurs confondus) 100 heures par semaine. Ceux qui ne suivent pas sont évidemment remplacés à la volée par d’autres « corps ».

Est-ce la rançon du succès ? Car ce règne de terreur prend racine dans le triomphe de Fortnite. Le studio, pris de court, a trouvé comme seule réponse un travail acharné. Effectivement, d’après un développeur, les problèmes sont corrigés bien plus vite, mais à quel prix ?

On passe de 20 à 40 tickets traités par jour (les requêtes des joueurs NDLR) à 3 000. Ça s’est fait d’un coup. On était un petit groupe, et le lendemain on nous a dit « Ah, au fait, vous travaillerez avec 50 nouvelles personnes, sans aucune formation.

De l’huile sur le feu

La situation est particulièrement ironique. L’Epic Games Store se targuait de créer une meilleure marge pour les développeurs. L’acheteur avait peut-être ainsi le sentiment de faire une action bénéfique. Au final, ce sont les employés d’Epic Games qui trinquent.

La situation sera-t-elle amenée à évoluer ? Deux jours après cette enquête, le studio n’a toujours pas réagi à cette affaire. On peut donc se demander si des mesures seront réellement prises. Quant à la possibilité de créer un syndicat, l’idée suit son cours, mais reste trop compliquée, surtout aux États-Unis. Peut-être qu’en revanche, les chercheurs d’emplois finiront pas décliner les appels d’offres d’Epic Games, mais la situation devrait perdurer selon une source :

Les jeunes sont les plus vulnérables. Je leur dis de rentrer chez eux, mais ils me répondent “Je veux en faire partie et être promu. Je dois rester pour le faire. La compétition est vraiment importante. Ils sont ambitieux, et ils pensent qu’il est normal de travailler 100 heures par semaines.

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