Umbrella Academy – Syndrome du 1er épisode


Cinéma, Critiques / dimanche, mars 17th, 2019

Umbrella Academy résume à elle seule les dernières tendances audiovisuelles. D’un côté, il s’agit d’une série mettant en scène des superhéros. Un contexte qui est devenu un genre à part entière dans le monde du cinéma comme de la série. De l’autre, il s’agit d’une production Netflix, le nouveau poids lourd de la création, mais surtout, de la diffusion. Si Umbrella Academy coche toutes les cases de la popularité, est-elle de qualité ?

L’un des nôtres a été tué cette nuit

Umbrella Academy se révèle être tiraillée entre deux modèles. On y retrouve en effet les mêmes enjeux et tournures. Ainsi, six anciens superhéros vont se rassembler suite au meurtre de leur antipathique père adoptif. Cette enquête va les obliger à confronter leurs passés, exactement à la manière de Watchmen. Mais on pense également à la série Heroes, puisque cette mort se rajoute à une énigmatique fin du monde à résoudre, sans savoir par quel bout commencer. Celle-ci est d’ailleurs provoqué par un personnage semblable à Sylar.

 Punk, mais pas trop

Notons qu’à l’origine, il s’agit d’un comic book écrit par Gerard Way (également chanteur de My Chemical Romance) et illustré par Gabriel Bá. Leur œuvre est clairement singulière, autant pour l’histoire, qui part dans tout le sens, que par le style graphique. Autant dire que se réapproprier Umbrella Academy n’est pas chose aisée. Le 1er épisode pose pourtant formidablement bien les bases, grâce à un montage et une composition de l’image habile. Mais surtout, la série dégaine rapidement une ambiance particulière, frôlant parfois le biopunk. Le personnage de Reginald Hargreeves rappelle d’ailleurs fortement les héros (si ce n’est l’écrivain lui-même) de Jules Verne. De cette mixité des époques et des sciences abordées, il en résulte une étrange, mais agréable ambiance.

Malheureusement, cette atmosphère disparait après un ou deux épisodes. C’est d’ailleurs le même constat pour la réalisation et l’utilisation des musiques qui s’effacent brutalement. Dommage que la série n’est pas gardée ces excellents atouts pour se faire une réelle identité. Au final, les meilleurs moments, les meilleurs souvenirs de ce show viennent de ses deux premiers épisodes, ce qui est clairement fâcheux.

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Rubrique à brac

Le scénario est lui bien plus équilibré. De nombreux éléments sont certes passés à la trappe, mais l’histoire reste toujours aussi (volontairement) chaotique. Voyage spatio-temporel, fin du monde, super-pouvoirs, tueurs à gages, robots et modification génétique : c’est un véritable bingo de la science-fiction. Cela pourrait s’avérer lourd, et pourtant la série arrive à nous distiller les informations à un rythme efficace, sans jamais trop s’appesantir sur ces trouvailles. On peut parfois reprocher à Umbrella Academy d’être un peu lent, mais c’est plutôt une mélancolie qui imprègne celle-ci. Même l’humour est plus proche du clown blanc que de l’Auguste.

À ce petit jeu d’ailleurs, notons que certains personnages s’en tirent mieux que d’autres. Numéro 5 et Hazel livrent ainsi une performance particulièrement intéressante. Peu importe la suite de cette série (qui s’achève sur un trop gros cliffhanger), ce que l’on a désormais envie de voir, ce sont les prochains rôles de ces deux acteurs.

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