Bravo Team – Un amuse gueule


Critiques, Jeux Vidéo, VR / mercredi, juillet 11th, 2018

En mars dernier, Supermassive Games s’expliquait sur la médiocre qualité de ses deux derniers jeux : The Inpatient et Bravo Team. Un cahier des charges paradoxal, un flagrant manque de temps et de moyens étaient dénoncés par les développeurs, interviewés au micro d’Eurogamer On pourrait penser l’affaire pliée, mais fin juin, Supermassive Games a proposé une mise à jour pour Bravo Team. L’occasion de faire un bilan avec un peu plus de recul.

Quoi de neuf, docteur ?

N’y allons pas par quatre chemins ; notre première approche de Bravo Team fut effectivement assez frustrante. Notamment parce que la visée avec l’Aim Controller n’était pas aisée. Les problèmes de reconnaissance étaient nombreux et beaucoup trop de balles manquaient la cible à cause de cela. Désormais, l’erreur est dument réparée, tout comme la possibilité de viser sur ses côtés (impossible auparavant…) et l’IA des ennemis. Si tout cela est déjà beaucoup mieux, il reste encore de gros problèmes qui demanderaient une refonte du jeu en lui-même.

Call of VR

Bravo Team est né de la volonté de faire un shooter moderne et immersif, réalité virtuelle oblige. On se retrouve donc dans un univers contemporain, à éliminer toute une armée de mercenaires, dans le but de sauver la présidente d’un pays fictif. Non, Bravo Team ne fait pas dans la finesse et ce n’est à vrai dire pas son but. Ainsi, le titre de Supermassive Games multiplie les situations déjà vues. Le combat sur le pont, façon Black, une traversée dans des bureaux et sur les toits comme dans le deuxième Army of Two, etc. On retrouve même des ennemis un peu plus coriaces, comme les unités lourdes avec fusil à pompe. Bravo Team est un concentré des 15 dernières années en matière de shooter. Cela pourrait passer si les développeurs apportaient quelque chose en plus.

L’un des gros problèmes du jeu, c’est son ambiance, plate à souhait. Hormis des coups de feu et les commentaires de notre agent de liaison, c’est le vide total dans nos écouteurs. Bravo Team manque clairement de vie, que ce soit chez les terroristes ou, surtout, dans notre binôme. Les deux soldats semblent muets. De plus, on s’attend également à des coups de théâtre, ou une mise en scène un peu plus excitante, sans tomber évidemment dans des explosions à tout bout de champ. En rajoutant plus de dialogues et quelques scripts, Bravo Team gagnerait ainsi en immersion.

So 2005

Si l’on parlait tout à l’heure d’un univers puisé dans les 15 dernières années, le gameplay s’inspire en particulier de Brothers In Arms. Bravo Team est en effet un jeu de position. En somme, on tire pour éliminer ou faire taire les ennemis pendant que notre partenaire avance, et vice-versa. Signalons au passage que sur nos premiers essais, les terroristes affluaient tant que l’on restait sur place. Si le problème persiste, il est toutefois moins fréquent.

Venons-en au gros du jeu : les gunfights de Bravo Team ’ysontcomment ? Plutôt bon à vrai dire ! Si l’on est tout d’abord assez sage, on se prend vite au jeu, et c’est un régal de pouvoir mieux se mettre à couvert en se recroquevillant, de tirer à l’aveugle, ou bien de se pencher de sa couverture pour dégommer quelques têtes en plus. Le tout, pour de vrai ! Sur ce point, Bravo Team est clairement réussi et plaisant.

Malheureusement, le peu de temps et de moyen du studio rattrape le plaisir. Un peu comme la mise en scène, le décor est plat. C’est-à-dire que les différents objets autour de nous ne réagissent pas aux balles. Hormis les extincteurs et les ordinateurs, c’est le calme plat. Encore une fois, cela aurait permis plus d’immersion.

Fin de budget

Là où l’on sent véritablement le manque de moyen et de temps, c’est évidemment au niveau du contenu. On l’a dit, le nombre de situations, de dialogues et d’interactions est faible. Mais Bravo Team est également chiche en armes (impossible d’en ramasser sur les ennemis d’ailleurs), et en durée. Il faudra environ 4 h pour finir le jeu. C’est dommage, car Supermassive Games aurait pu être un superbe titre VR. Avec ses 150 000 exemplaires vendus, difficiles en plus de tabler sur un second opus pour corriger le tir. On conseille tout de même cette expérience, mais à petit prix.

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